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« Supposé renforcer les liens avec les proches, le portable permet à coup sur d'éviter le contact avec des inconnus. Voyez ces zombies en transit rivés à leurs SMS, certains d'éviter ainsi le regard de leurs voisins de bus. Et ces urbains égarés, accrochés à leur portable pour se faire guider à distance plutôt que de demander leur chemin à des gens. Grâce à leur kit de téléguidage, comprenant indicateur des rues et récepteur GPS, ils suivent les instructions de la machine greffée à leur oreille. Qu'un individu s'avise de les accoster de vive voix et ils appellerons bientôt au secours...
...  « le conseil supérieur de l'audiovisuel vient en effet d'accorder des fréquences aux 3 opérateurs afin de tester la diffusion massive de la télé sur le portable ».
Avec la télé mobile, les décideurs n'auront plus grand soucis à se faire. Le temps de cerveau disponible de leurs « administrés » ne risque définitivement plus de se consacrer à la réflaxion, sans parler de contestation. Un troupeau de zombis connectés sur les séries américaines et la pub, juste interrompues par quelques coups de fil(t'es ou ? -ben devant la télé, ou veux tu que je sois?) : voilà qui est simple à manœuvrer. »

Pièces et Main d'oeuvre, Le téléphone portable, gadget de destruction massive, Montreuil, 2008, page 46




« Le téléphone mobile n'est pas seulement un gadget polluant : il façonne le monde, « révolutionne notre quotidien », comme disent chercheurs et industriels, sans que jamais nous ne l'ayons choisi. Et cette tyrannie s'impose à tous, gogos ou réfractaires. Contrairement aux niaiseries lâchées par les employées du CEA, nous n'avons pas le choix d'avoir un portable ou pas, si nous voulons faire partie de la société. »

Pièces et Main d'oeuvre, Le téléphone portable, gadget de destruction massive, Montreuil, 2008, page 53




« Ces inégalités nous hantent parce qu'elles relèvent du type de privilège que le discours républicain consensuel se félicite si fièrement d'avoir aboli lors de la nuit du 4 aout 1789. Avec notre eau courante et notre électricité sans coupures, avec nos passeports qui traversent les frontières comme du beurre, avec nos soixante marques de dentifrice, nos tomates en hiver, nos chaussures soldées et nos packs vacances tous frais payés sur une plage exotique, nous bénéficions d'un statut privilégié d'aristocrates planétaires qui n'est en rien moins inique que celui de la noblesse de 1788. Nous acceptons quotidiennement cet inacceptable, qui est légitimement désirable en lui-même, bien entendu, et que nous souhaitons abstraitement partager avec tout le monde, mais qui est concrètement insoutenable au regard des inégalités sur lesquelles il se fonde et au regard des déprédations qu'il impose à notre planète. »

Yves Citton, Renverser l'insoutenable, Paris, 2012, page 31




« Dans sa prétention à la puissance productive, l'ère industrielle est la seule qui ait eu l'ambition sans bornes de produire avec des outils intégrés exclusivement, sur la planète entière, sans discernement aucun, chaussettes, locomotives et spectacles ; cercueils, missiles nucléaires et yaourts ; boutons de culotte, autoroute et poulets ; automobiles, purées pour nourrissons et enterrements ; éducation, logements et soins psychiatriques... Par ce monopole radical donné à un seul mode de production, nous avons crée un déséquilibre fatal dans la structure de base de notre outillage social. Fatal, car il s'agit de la production de ce qui sert à maintenir la vie et son cadre, et que cette production atteint maintenant une complication inouïe par les interactions humaines qu'elle suppose. Comme les outils ne sont pas seulement des moyens techniques pour transformer la matière, mais aussi des instruments par lesquels passent, se nouent et se jouent des relations quotidiennes entre les gens, ce déséquilibre technologique est aussi un déséquilibre des interdépendances de l'humanité agissante. Privée de la souplesse des relations productives que les gens peuvent établir et modifier au gré des circonstances, ici et maintenant, avec leur proche entourage, en contrôlant personnellement les tenants et aboutissants de ce qu'ils font, tant que les outils autonomes sont abondants, l'humanité assiste maintenant en spectateur désorienté et angoissé au dérèglement des interdépendances de travail terriblement compliquées que sa technologie prétentieuse à programmées. »

Ingmar Granstedt, L'impasse industrielle, Paris, 1980, page 37




« Des systèmes techniques de ce genre ont été à la base de l'outillage social pendant des millénaires. Le moulin, le four communal, la forge en étaient, de même que le métier domestique à tisser, le pressoir à huile ou l'atelier du verrier. Il en subsiste encore aujourd'hui, tels que la machine à coudre, la panoplie du bricoleur, la cuisinière à gaz et ses accessoires. D'autres pourraient être mis au point et se disséminer à nouveau abondamment si des recherches et des expérimentations sociales avaient lieu en ce sens : la position unitaire de filature-étirage-texturation adaptée au quartier, le gazogène domestique, l'atelier ouvert au public qui veut fabriquer ses meubles ou celui donnant accès à des machines-outils communales, pourraient en être, par exemple. »

Ingmar Granstedt, L'impasse industrielle, Paris, 1980, page 47




« Le néolibéralisme est une doctrine économique de la globalisation et de la privatisation qui s'appuie sur des régimes sécuritaires et policiers. Il est devenu majoritaire quand Margaret Thatcher et Ronald Reagan vinrent au pouvoir en 1979 et 1980. Accompagnant la privatisation et la propagande néolibérale, se sont installé aussi leur pendant idéologique, le néo conservatisme, qui nourrit la police et le militarisme. L'esthétique dominante de la période fur le post-modernisme, un style caractérisé par l'ironie, l'éclectisme, la vitesse, une subjectivité épistémologique qui le rendait incompatible avec une "politique de l'identité", et le refus de voir une unité dans l'histoire. »

Peter Linebaugh, histoire des communs : l'ombre portée de la grande charte in libres savoirs, Caen, 2011, page 268




« L'un des enjeux majeurs à surveiller est "l'effet rebond", autrement dit l'augmentation des consommations consécutives aux services permis par les TIC. Les études sur les TIC et l'environnement mentionnent souvent d'abondants exemples sur les effets positifs des TIC : le télétravail réduit le recours à l'automobile, le téléachat permet d'optimiser les déplacements. Mais l'usage observable des TIC montre aussi des effets inverses : l'accès à de nombreux rapports sur internet encourage l'impression, la vente en ligne permet de commander des produits à l'autre bout du monde, le télétravail se traduit par une augmentation du temps de travail »

Fabrice Flipo, L'infrastructure numérique en question in Entropia N°3, Lyon, 2007, page 78




« Un deuxième moyen de pression vient redoubler la force d'enrôlement propre au rapport salarial : la liquidité financière. Comme le montre bien l'économiste Frédéric Lordon, la forme particulière de capitalisme (actionnarial, financier, néolibéral, déréglementé) actuellement dominant se caractérise par la liquidité, qui « représente une forme minimale de l'engagement puisque, à l'inverse de l'investissement en capital industriel qui immobilise durablement le capital-argent, la prise de participation sous la forme de la détention de titres financiers de propriété (actions) peut instantanément être annulé par un simple ordre de vente faisant retour au cash ». Notre époque, que est celle de l'engagement minimal des détenteurs de capital. Et c'est précisément de l'exacerbation des inégalités de position et de pouvoir entre les deux que naît l'insoutenable qui caractérise nos rapports sociaux. »

Yves Citton, Renverser l'insoutenable, Paris, 2012, page 68




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